Les femmes-relais dans les concessions 2010

Auteur : Claude (Conflans).


Il est 10H du matin. J’attends devant les locaux du RAIL avec deux habitantes de Tessaoua qui ont été recrutées pour sensibiliser la population à l’usage des latrines publiques et privées qui ont été implantées dans le cadre du vaste chantier « Hygiène et assainissement » mené par le SIAAP pour la Coopération Décentralisée. Une voiture de la mairie doit venir nous chercher pour nous emmener dans un quartier excentré où se déroulera l’opération de sensiblisation de ce matin. En effet, pas de transports en commun ici, et les distances à parcourir peuvent être longues. Une heure plus tard et un problème de ravitaillement en essence résolu (beaucoup de choses qui nous semblent toutes simples à Conflans peuvent se révéler difficiles ici : il n’y a pas de station-service à Tessaoua), nous voici parties dans le quartier d’intervention des deux « femmes-relais » que j’accompagne. C’est le nom qui a été donné à ces quelques femmes qui ont été choisies pour relayer l’information auprès des habitants de Tessaoua. Elles ont des supports pour cela : de petits panonceaux qui expliquent en quelques dessins très clairs l’intérêt de se servir des installations sanitaires mises en place.

Et l’opération de porte à porte commence. Il faut se présenter à la porte, être accepté (c’est pour cela que ce sont des femmes qui ont été choisies, parce que ce sont des femmes qui les recevront, même si parfois quelques hommes se mêleront à l’assemblée). On entre alors dans la concession qui regroupe souvent une famille au sens large, plusieurs générations. On déroule des nattes et tout le monde s’assoit face aux deux intervenantes. La sensibilisation aux bonnes règles d’hygiène se fait en haoussa, la langue locale. Je ne la comprends pas, mais je capte facilement les réactions de l’auditoire, d’approbation, parfois d’amusement, les questions qui fusent, etc.

Au bout de la matinée, trois ou quatre concessions visitées, et l’impression forte que l’information est passée. Ce sera un travail de longue haleine, il faut se faire à de nouvelles habitudes, mais les arguments sont convaincants : les nouvelles installations vont assurer une meilleure hygiène, diminuer les maladies et la mortalité infantile.